Eau Secours

Association des usagers de l'eau du bassin Rhône Méditerranée
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Des ronds dans l'eau

SIERG (eau du Grésivaudan - 2004...)

Critiques des projets du SIERG

 

 

 

 

20 questions-réponses pour tout savoir sur les projets

 

 Le projet de doublement de la conduite AEP du Grésivaudan

1. Quel est l'objet de l'enquête publique qui a débuté le 1er juin 2005 (reportée en septembre 2005) ?
Il existe actuellement une canalisation de diamètre 500 mm aboutissant à Crolles mais pour répondre à l'accroissement des besoins en eau potable du secteur Crolles – Bernin, accroissement essentiellement dû au développement des industries de la micro électronique de ce secteur, le SIERG est amené à doubler la canalisation actuelle par une canalisation de diamètre 600 mm selon un tracé différent du tracé de la canalisation existante.

2. En quoi l'enquête publique de 2005 se distingue-t-elle de celle de 2004 ?
L'objet de l'enquête publique est le même que celui de 2004. L'enquête publique précédente n'avait pas abouti, le commissaire enquêteur ayant donné un avis défavorable au motif de l'absence d' étude d'impact. Ce dernier avait également relevé l'insuffisance des motivations économiques.

3. Comment se caractérise le réseau d'adduction du SIERG par rapport à ce projet ?
Du fait de la faiblesse de sa ressource au regard de ses ambitions et des caractéristiques de son réseau d'adduction, le système SIERG n'est ni économique, ni simple, ni sûr.

4. Quels sont les points faibles de ce projet ?
Le projet du SIERG est très compliqué et très coûteux. Il n'apporte pas de sécurité en matière d'approvisionnement.
A partir d'une seule conduite qui relie les puits du captage SIERG jusqu'à Gières, le SIERG projette d'alimenter deux conduites de Gières à Crolles (l'ancienne et la nouvelle). C'est pourquoi il a besoin de surpresseurs et d'utiliser des conduites renforcées et des réservoirs intermédiaires.
Un surpresseur est une machine qui pousse très fort l'eau dans les tuyaux pour augmenter le débit et donc le volume d'eau transporté. Le SIERG annonce un budget pour les seuls surpresseurs de 3 millions d'euros pour faire fonctionner le projet de conduite supplémentaire entre Gières et Crolles. De plus, un surpresseur consomme de l'électricité, tombe en panne…
Pour supporter les fortes pressions du surpresseur, on doit choisir des tuyaux particuliers, et particulièrement chers.
Mais alors, le risque devient très élevé pour les vannes en cas de coup de bélier.
De plus, à Crolles, on doit construire un réservoir de 14 000 m3. La délibération n°1 du bureau syndical du SIERG du 20 août 2003 le chiffre à 5 millions d'euros.

5. Quelle est la position des élus siégeant au SIERG concernant le projet de doublement de la canalisation du Grésivaudan ?
Les élus ont voté à l'unanimité ce dossier moins trois abstentions. Un vote surprenant ! A se demander si les élus qui ont voté favorablement ont eu tous les éléments d'information en leur possession.

6. Le président du SIERG a-t-il la volonté d'aboutir sur ce dossier dans un sens conforme à l'intérêt général ?
Le président du SIERG, Claude Bertrand, par ailleurs président du Syndicat mixte des transports en commun (SMTC) de l'agglomération grenobloise a eu l'occasion de s'exprimer dans la presse locale sous sa casquette de président du SMTC en ces termes "Nous ne pouvons pas continuer  à réfléchir au sens strict de nos territoires. Nous ne serons pertinents en matière de transports qu'en liaison étroite avec ceux que qui nous entourent : pays Voironnais, Sud Grésivaudan, Région, Département,..."
Nous ne pouvons que nous féliciter de cette prise de position et formons le vœu que le président du SIERG saura rapidement appliquer aux réseaux d'eau la position que le président du SMTC préconise au niveau des réseaux de transports.
Il en va de l'intérêt général et seul ce dernier doit prévaloir.

 

L'alternative au projet de doublement de la conduite AEP du Grésivaudan

7. Existe-il une alternative à la solution proposée par le SIERG pour alimenter le Grésivaudan ?
La Régie des Eaux de Grenoble (REG) pourrait fournir beaucoup d'eau au SIERG, et donc à ses collectivités adhérentes et leurs usagers domestiques et industriels, simplement en faisant redescendre, par la seule force de la gravitation, l'eau dont elle remplit sans difficulté les réservoirs qu'elle possède à Bresson et qui servent déjà à alimenter Grenoble et Sassenage. Alors qu'elle vend actuellement en moyenne environ 12 millions de m3 par an à ses abonnés grenoblois et qu'elle livre à Sassenage environ 780 000 m3/an la REG est techniquement prête à multiplier par trois sa production d'eau potable sans investissement supplémentaire.
Avec une conduite alimentée par la REG, le coût du projet, c'est le coût de la conduite et de son raccordement entre le boulevard Jean Pain (ou l'avenue de Valmy) à Grenoble et Crolles. La REG, second fournisseur, apporte de plus une vraie sécurisation du réseau. En effet jusqu'à Gières, le SIERG n'a qu'une conduite.
Le système proposé par le SIERG est plus complexe, plus contraignant en exploitation et donc plus coûteux en investissement et en fonctionnement. De plus, la sécurité industrielle n'est pas assurée. Il n'est donc pas la solution.

8. Pourquoi le SIERG n'a-t-il pas étudié l'alternative consistant à utiliser le réseau de la REG ?
C'est une question à laquelle il est difficile de trouver une réponse pertinente sur un plan économique. Sur le plan politique, certains avancent l'idée que cette solution permet au SIERG, tout en continuant sa politique de croissance, de développer sa zone d'influence auprès de nouvelles communes. La volonté en 2004 de modifier les statuts, heureusement stoppée par le préfet, participait déjà de cette volonté de main mise progressive sur l'ensemble des ressources en eau de la région grenobloise.

 

La sécurisation des réseaux

9. Avec cette réalisation, le réseau d'adduction d'eau du Grésivaudan est-il sécurisé ?
Même pas ! Le parcours de Gières à Crolles reste fragile et complexe en raison de la mise en place de surpresseurs. Par ailleurs, en amont du captage de l'eau et jusqu'à Gières, l'adduction est assurée par une seule canalisation. Pour véritablement sécuriser l'ensemble du réseau, il conviendrait également de doubler la canalisation sur la partie amont.
Le projet soumis à enquête n'intègre cette nécessité que pour plus tard, après l'aboutissement d'une « démarche plus générale menée dans le cadre de la « Communauté de l'Eau » récemment mise en place et dont l'objet est, entre autres, de réfléchir aux différentes possibilités de sécurisation de l'alimentation en eau potable (AEP) de l'agglomération. » (page 14 § 3.6.2 du « Mémoire explicatif du projet »). On inscrit en « projet connexe », un équipement nécessaire à l'atteinte de l'objectif du projet présenté, à savoir, la sécurisation de l'AEP de Crolles !

10. Quels risques, au regard des « ruines de Séchilienne » et du couloir de la chimie menacent les captages de Rochefort de la ville de Grenoble ?
Les captages de la REG ne sont mis en danger ni par l'effondrement de Séchilienne (cf. rapport Panet 2 janvier 2004) ni par le couloir de la Chimie. Seule la conduite du SIERG est exposée à ces risques.

 

Le projet « Eau d'Olle »

11. En quoi consiste le projet "Eau d'Olle" dévoilé en mars 2005 ?
Ce projet consiste à capter de l'eau à Allemont (massif de l'Oisans) et à l'acheminer, notamment par un tunnel de 7 km creusé sous Belledonne, jusqu'à Domène (vallée du Grésivaudan) pour un montant estimé à ce jour à plus de 100 millions d'euros HT.

12. Quel est l'intérêt du projet "Eau d'Olle" ?
Selon l'étude commandée par le SIERG à la Société d'Economie Mixte Territoires 38, le projet « Eau d'Olle » vise trois fonctions :
- Apporter une sécurisation aux deux principaux systèmes alimentant l'agglomération, à savoir le SIERG (communes de ceinture) et la REG (Grenoble-ville)·
- Permettre d'étendre une desserte de qualité vers le Grésivaudan et le Voironnais, notamment là où les dispositifs locaux s'avèrent de plus en plus insuffisants ou obsolètes.
- Permettre de garantir les évolutions moyen et long terme : croissance des populations, croissance des besoins unitaires liés à l'évolution du mode de vie (pavillonnaire), besoins industriels sur les nouveaux pôles de développement (objectif vitalité et objectif équilibre).

13. L'étude « Eau d'Olle » de Territoires 38 est-elle crédible ?
Cette étude ne parait crédible ni sur le plan technique, ni sur le plan financier.
Sur le plan technique, les arguments de l'étude ne sont pas convaincants car les captages et le réseau de Grenoble ne sont mis en danger ni par l'effondrement de Séchilienne (cf. rapport Panet 2 de janvier 2004) ni par le couloir de la chimie. Seule la conduite du SIERG est exposée à ces risques.
Sur le plan financier, l'approche est confuse et l'exposé ne fait pas apparaître clairement  l'état des lieux, l'état des besoins actuels et futurs, les divers scenarii pour faire face à cette évolution assortie d'une planification ainsi qu'un chiffrage clair qui calcule le temps de retour de investissement et la rentabilité réelle ainsi que l'impact pour l'usager final.
Enfin, comment peut-on envisager de dépenser un tel niveau d'argent public pour n'apporter que 20% de volume d'eu supplémentaire (700 l/s de l'Eau d'Olle pour sécuriser 1100 l/s du SIERG + 2400 l/s de la REG ?
La conclusion n'est guère plus convaincante : « En l'absence d'étude des besoins, on ne peut formaliser d'analyse financière précise ».
L'usager en a-t-il pour son argent ? A 150 000 euros l'étude, on ne peut que s'interroger sur la qualité de l'utilisation de l'argent public au sujet de cette étude.

14. En cas de réalisation du doublement de la canalisation sans maillage avec la REG, le projet Eau d'Olle sera-t-il indispensable ?
Le SIERG a toujours prétendu que non. Or, c'est dans la logique car le doublement de la canalisation ne répond pas au problème de la sécurisation. Et c'est d'ailleurs ce qui ressort en filigrane du dossier soumis à l'enquête publique.
La solution du maillage avec la REG permettrait d'éviter cet investissement colossal tout en sécurisant l'alimentation en eau.
C'est la raison pour laquelle, cet ambitieux programme, qui représenterait plus de 150 millions d'euros d'investissements (équivalent à trois fois le coût du stade d'agglomération de Grenoble) à la charge des usagers, doit être élaboré en liaison étroite avec l'ensemble des acteurs de l'eau et privilégier les choix les plus conformes à l'intérêt général.

15. Quelle est la position des élus siégeant au SIERG concernant le projet « Eau d'Olle » ?
Lors de la séance du comité syndical du 20 avril 2005, au cours de laquelle l'étude « Eau d'Olle » a été débattue, il régnait une atmosphère très pesante.
Des commentaires ont été apportés par de trop rares élus mais il n'y a pas eu de débat sur un dossier à 100 millions d'euros. La encore, étonnant !

 

L'aspect financier et le risque

16. Quels sont les prix actuels pratiqués par le SIERG et la REG ?
En 2003, le SIERG facturait aux collectivités membres plus de 36 centimes d'euros HT le m3 d'eau. Pendant ce temps, la REG facturait à la commune de Sassenage moins de 19 centimes d'euros HT, soit près de 45% moins cher (le prix du SIERG en 1988) !

17. Quel financement pour le projet de doublement de la conduite d'AEP de Crolles ?
Le dossier soumis à l'enquête (pièce n°4 « Estimation des investissements du programme de travaux ») s‘élève à 20,4 millions d'euros HT (hors travaux de restructuration de pompage et de stockage de Crolles). Il est porté à 26,2 millions d'euros HT en incluant ces travaux dont le dossier dit qu'ils devront se faire.
L'appel d'offres lancé en 2003 par le SIERG auprès des entreprises s'élève à 18,4 millions d'euros HT. L'actualisation de 2005 fixe le projet à environ 19,6 millions d'euros HT.
Le financement est assuré à hauteur de 10 millions d'euros HT par le SIERG et à hauteur de 8,5  millions d'euros HT par les deux communes concernées (Bernin et Crolles) sous forme de participation.

18. Est-on assuré de la pérennité de l'engagement des entreprises en terme de besoin en eau dans les années à venir ?
Les entreprises de micro électroniques, principales consommatrices d'eau dans le Grésivaudan, ne se sont pas engagées sur leur besoin en eau sur le long terme. Au de la Sans même parler de risque de délocalisations, on sait que des concurrents de la première entreprise concernée utilisent un autre process n'utilisant pas d'eau potable pour nettoyer les plaques de silicium.

19. Quel serait le niveau d'endettement du SIERG en cas de réalisation du projet Eau d'Olle ?
La dette augmenterait de 89 millions d'euros soit de l'ordre de 400 euros par abonné !

20. Quels sont les risques financiers pris par les communes, donc les abonnés, avec le projet "Eau d'Olle" ?
Compte tenu des statuts du SIERG qui prévoient que la participation des communes est fonction du volume d'eau consommé, la dette s'élèverait à 285 euros par habitant.

 

 A suivre...

 

 

 

STMicroelectronics a soif ? L'eau du Grésivaudan mérite un débat !

A l'invitation des Verts du Grésivaudan, un débat contradictoire sur ce thème s'est tenu à Crolles le 15 juin 2004 avec la participation d'un public nombreux, intéressé et venant de nombreuses communes concernées ainsi que les Verts du Grésivaudan, le maire de Crolles et son adjoint eau-assainissement, l'adjoint à l'économie à Bernin, le vice-président du SIERG adjoint au maire de Gières, le directeur général du SIERG et le directeur des services techniques, le président de la REG, le vice-président de la METRO en charge de l'assainissement et conseiller municipal de Grenoble, le président d'Eau Secours. Le président du SIERG qui avait proposé la date du 15 juin, était excusé.

 

Doublement de la conduite d'eau potable du Grésivaudan : des réponses svp !

  1. Quel coût pour les abonnés domestiques ? Est-il vrai qu'un accord a été passé entre SIERG et CROLLES sur un prix de la fourniture d'eau stabilisé pendant 10 ans au niveau 2004 ? Dès lors, quelle répartition entre toutes les communes fournies par le SIERG pour un équipement qui entraîne le doublement de sa dette ? Les usagers du SIERG (tous, sauf ceux de Crolles la « solidaire »…) doivent-ils subventionner les actionnaires de STMicro ?
  2. Quel coût pour les contribuables ? Crolles cherche à faire garantir les emprunts nécessaires par le Conseil Général, donc par les contribuables isérois. Pourquoi le conseil municipal de Crolles (novembre 2004) accorde-t-il aux industriels voraces en eau une subvention de 5,9 millions d'euros en remboursement de leur taxe professionnelle ?
  3. Comparaison entre projet SIERG et proposition Régie des Eaux de Grenoble (REG) ? Les coûts induits en amont et en aval du projet SIERG (surpresseurs, tuyauterie spéciale adaptée, création pour 5 millions d'euros d'unréservoir de 14 000 m3 à Crolles) n'existent pas avec la solution REG. La sécurité de l'approvisionnement est bien meilleure si un second producteur est intégré au réseau d'adduction. La REG dispose d'une énorme réserve de production. Elle est d'ores et déjà prête à fournir.
  4. « De source sûre », la lettre du Sierg de juillet 2004, le clame haut et fort : « Oui à une communauté de l'eau active ». Pourquoi dès lors, ne pas examiner une voie intermédiaire associant les deux opérateurs actuellement concurrents ? Si la REG fournit à Sassenage de l'eau à moins de 0,19 € le m3, ne peut-elle aussi en fournir au SIERG ou à ses membres ?
  5. Quelle que soit la solution choisie, recyclera-t-on l'eau sur le site des entreprises installées à Crolles et Bernin ? Sur d'autres sites semblables près des 3/4 de l'eau utilisée par cette industrie est recyclée.
  6. Quelle pérennité des entreprises pour lesquelles ce projet est établi ? Sans la garantie de cette pérennité, la nouvelle conduite d'adduction est un équipement inutile.
  7. De qui se moque-t-on ? Le dossier d'enquête présentait le projet de doublement de la conduite Gières-Crolles comme l'un des éléments d'un projet à plus long terme, sans plus d'explications. Or, tout en affirmant qu'il repousse à beaucoup plus tard le projet d'une conduite en tunnel sous Belledonne (150 millions d'euros annoncés), le SIERG dépense en 2004 plus de 5 millions d'euros pour une « étude » commandée à Territoire 38 sur ce projet !

En mai 2004, l'avis négatif du commissaire enquêteur a été confirmé par le Préfet. Il faut recommencer l'enquête publique en y intégrant une étude d'impact. Le SIERG ne désarme pas. Pour lui, il ne s'agirait que d'une simple question de forme. Or le dossier soumis à enquête n'était pas conforme parce que, selon le commissaire enquêteur, il était « très incomplet et peu démonstratif. Il n'a pas fourni au public les réponses aux questions qu'il a suscitées et au commissaire enquêteur les éléments nécessaires et suffisants pour orienter et motiver son avis ».

Le dossier présenté par le SIERG n'était pas conforme parce qu'il était une noix creuse. Le prochain devra comporter des informations précises sur les aspects économiques et environnementaux. Le dossier d'enquête devra être proposé au public dans toutes les communes du SIERG.

 

L'INGENIEUR ET L'INGENU, fable contemporaine
La technique, le droit, les finances : trois approches d'Eau Secours pour comprendre les enjeux

On le sait bien : ce qui fait le charme des techniciens, c'est leur technicité ; la grande qualité des ingénieurs, c'est leur ingéniosité.

Quand un problème leur est soumis, ces excellents professionnels savent concevoir et mettre en œuvre des systèmes qui parviennent à fonctionner. C'est ce qui se passe dans le projet de doublement de la conduite d'adduction d'eau entre Gières et Crolles proposé par le SIERG. Ainsi, à coups de surpresseurs, réservoirs intermédiaires, conduites renforcées, le SIERG pourrait acheminer beaucoup d'eau dans des tuyaux au diamètre apparemment trop faible. D'ailleurs, ne le fait-il pas déjà ?

Un surpresseur est une machine qui pousse très fort l'eau dans les tuyaux pour augmenter le débit et donc le volume d'eau transporté. Le secrétaire général du SIERG annonce un budget pour les surpresseurs de 3 millions d'euro ( !) pour faire fonctionner le projet de conduite supplémentaire entre Gières et Crolles. De plus, un surpresseur consomme de l'électricité, tombe en panne...

Pour supporter les fortes pressions du surpresseur, on doit choisir des tuyaux particuliers. L'eau elle-même « résiste » d'autant plus fortement que la poussée est importante. Si bien que pour augmenter de 40% le débit dans ces tuyaux, on doit appliquer à l'eau une force 2 fois plus élevée.

Mais alors, le risque devient énorme pour les vannes en cas de coup de bélier.

Quand le surpresseur a bien poussé l'eau, il faut la stocker dans un réservoir avant de la livrer aux industriels de Crolles. La délibération n°1 du bureau syndical du SIERG du 20 août 2003 chiffre à 5 millions d'euro la construction d'un réservoir de 14 000 m3.

Or, la RÉGIE DES EAUX DE GRENOBLE (REG) pourrait fournir beaucoup d'eau au SIERG et donc à ses communes adhérentes et leurs usagers domestiques et industriels simplement en faisant redescendre, par la seule force de la gravitation, l'eau dont elle remplit sans difficulté les réservoirs qu'elle possède à Bresson et qui servent déjà à alimenter Grenoble et Sassenage. Alors qu'elle vend actuellement en moyenne environ 12 millions de m3 par an à ses abonnés grenoblois et qu'elle livre à Sassenage environ 780 000 m3/an la REG est techniquement prête à multiplier par trois sa production d'eau potable sans investissement supplémentaire.

Avec une conduite alimentée par la REG, le coût du projet, c'est le coût de la conduite et de son raccordement entre le boulevard Jean Pain (ou l'avenue de Valmy) à Grenoble et Crolles. Le système proposé par le SIERG est plus complexe, plus contraignant en exploitation et donc plus coûteux en investissement et en fonctionnement. De plus, la sécurité industrielle n'est pas assurée. IL N'EST PAS UNE SOLUTION. IL EST UN PROBLEME.

Voilà pourquoi EAU SECOURS continuera de poser au SIERG et aux ingénieurs ingénieux ses questions ingénues.

Le Préfet de l'Isère a interdit la modification des statuts du SIERG qui, tels qu'ils ont été proposés, auraient permis au SIERG d'avoir la mainmise sur la gestion de toutes les ressources d'eau des communes adhérentes. Chaque commune du SIERG peut donc continuer à exploiter ses propres sources et/ou faire appel à un autre fournisseur d'eau que le SIERG. A bon entendeur...

 

Patate brûlante, patate filante : le financement du projet de doublement de la conduite d'eau

Ce qui caractérise cet aspect du dossier, c'est son opacité et son instabilité.

Au regard des différentes déclarations publiques, privées, écrites, orales des partenaires de ce projet (les industriels, les communes qui leur vendent l'eau, le SIERG qui fournit l'eau aux communes et le conseil général appelé à couvrir les engagements financiers nécessaires) il est bien difficile de comprendre qui va payer quoi de façon ferme et définitive. La nouvelle situation créée par l'avis défavorable du Commissaire Enquêteur et la décision du Préfet d'exiger une étude d'impact va faire durer le suspens quelques mois supplémentaires.

« De source sûre » la Lettre du SIERG d'octobre 2003 précise : « Qui paye ? Il va de soi que le SIERG seul ne supportera pas le poids de l'investissement (26 millions d'euros tout compris) et n'en imposera pas la charge aux communes adhérentes. Les travaux ne démarreront pas tant que des assurances n'auront pas été données du point de vue de la participation au financement de ces travaux de ceux qui les demandent (les industriels) ou des bénéficiaires de recettes fiscales (les communes). Il y a désormais urgence à ce que chacun se positionne ! »

Le SIERG, maître d'ouvrage, demande la garantie de la commune de Crolles pour 9 millions d'euro. Le Maire de Crolles demande au département de garantir sa garantie. Le département, sollicité en 2003 n'avait répondu à la mi-juin 2004 ni à l'un ni à l'autre. Le Maire déclare qu'il ne laissera pas commencer les travaux sans être couvert.

L'industriel STMicroelectronics décrit des besoins en eau pour le présent et pour l'avenir à court et moyen terme. Ces besoins sont énormes : pour l'instant la moitié de la consommation de la ville de Grenoble et 10 à 12 fois celle des abonnés domestiques de Crolles.

Selon la déclaration du maire de Crolles salle Boris Vian le 15 juin 2004, STmicro réclame la fourniture mais ne s'engage pas vis-à-vis de la commune de Crolles à acheter les volumes réclamés sur toute la durée de l'amortissement de la conduite et ses équipements annexes. C'est pourquoi le maire et son conseil municipal ont été amenés à augmenter le montant des factures présentées à STmicro en élevant le plancher à partir duquel s'applique le dégrèvement consenti aux gros consommateurs. Le lendemain 16 juin, au comité Syndical du SIERG, le maire de Crolles donne lecture d'une lettre de STmicro qui s'engagerait à augmenter sa consommation progressivement de 400 à 700 m3 à l'horizon 2010.

Dans cinq ans et demi, l'équipement projeté ne sera pas encore remboursé. Que se passera-t-il si STmicro délocalise ? N'a-t-il pas récemment installé en Asie son activité Recherche et Développement ?

En février 2004, Crolles et Bernin annonçaient une garantie de 9 millions pour l'emprunt contracté par le SIERG et la surconsommation prévue servait à couvrir le solde de l'emprunt d'un montant total de 15,7 millions d'euro.

Désormais, elles s'engagent auprès du SIERG à dépenser 9 millions d'euro en surconsommation dans les 10 ans qui viennent. Voilà qui diminue leur engagement et augmente d'autant la nécessité d'une garantie du Conseil Général qui, justement, ne répond pas.

On vous le dit, la patate est brûlante et filante. Sur M6, le vendredi 18 juin 2004, le président du SIERG invitait rageusement les Grenoblois à apporter l'eau de la REG jusqu'à Crolles dans des seaux. De source sûre, il apparaît que le Général des Seaux n'a pas fini de trépigner dans la purée.

 

 

http://eausecours.free.fr   Version du 10 mars 2012