Eau Secours

Association des usagers de l'eau du bassin Rhône Méditerranée
Accueil > Dossiers > SIERG > Démarches auprès des autorités
 

 

Des ronds dans l'eau

SIERG (eau du Grésivaudan - 2004...)

Démarches auprès des autorités

 

 

 

 

Communiqué du 5 octobre 2006 - Courrier du COERG adressé à ST Microelectronics et Soitec

Le syndicat intercommunal des eaux de la région grenobloise (Sierg) s'apprête, à la demande des communes de Crolles et Bernin, à décider la réalisation d'une seconde conduite d'eau potable dans le Grésivaudan pour répondre à l'évolution des besoins des industries.

Nous ne comprenons pas pourquoi les communes de Crolles et Bernin acceptent ce projet.

Ce projet ne sécurise pas votre approvisionnement en eau potable
La partie amont de la branche Grésivaudan comporte une seule conduite qui n'est pas interconnectée au niveau des canalisations de transport notamment pour les besoins de l'alimentation de secours. Le maillage dit " nord est " au niveau du " Forum " (entrée de Grenoble) et de la Carronnerie (Meylan) permettrait de bénéficier à moindre coût d'une vraie seconde alimentation amont physiquement distincte des nappes de la Romanche.

Ce projet conduit à un prix de l'eau trop élevé
Le prix de gros du Sierg est actuellement de 0,38 euros le m3. Compte tenu du niveau d'endettement actuel du Sierg et de l'investissement à réaliser (plus de 23 millions d'euros hors stockage sur Crolles), le prix devrait augmenter.
L'autre opérateur historique de la région grenobloise, la régie des eaux de Grenoble, également sous statut public, dispose d'eau en gros livrable à un prix plus faible de 47%.

L'obligation de mise en concurrence entre opérateurs n'a pas été respectée
L'absence de mise en concurrence des opérateurs sur le marché de la fourniture d'eau ne permet pas aux communes de Crolles et Bernin de pouvoir appeler prioritairement les ressources disponibles en eau les moins chères au bénéfice des usagers. Cette pratique est contraire à la position du Conseil de la concurrence.

La réglementation n'oblige pas les communes à approvisionner les industriels en eau
Contrairement aux propos tenus par certains élus, la réglementation en vigueur ne crée aucune obligation pour une collectivité publique d'approvisionner en eau un industriel pour le fonctionnement de son process, ni pour un industriel de s'approvisionner auprès du service public communal.

Il n'y a pas urgence
Les faits et l'enquête publique intervenue en octobre 2005 ont montré que le doublement de la conduite ne répond pas à un besoin à court terme.

Réaliser, dès demain, des économies substantielles sur les achats d'eau, c'est possible
A condition de favoriser les investissements publics et les coûts d'exploitation les plus économes des deniers publics.

Pour l'ensemble de ces raisons, il convient d'inciter les deux opérateurs historiques de la région grenobloise à "jouer collectif" ou à se livrer à une saine concurrence.

C'est votre intérêt financier ;
C'est ce que préconise le Conseil de la concurrence ;
C'est ce que demande le COllectif Eau de la Région Grenobloise.

Nous vous proposons de nous rencontrer pour en parler plus précisément et vous prions d'agréer, Madame, Monsieur, l'assurance de nos salutations distinguées.

Grenoble, le 5 octobre 2006

 

 

 

Octobre 2005 et janvier-février 2004 : les lettres type envoyées à tous les maires et tous les présidents des groupes d'opposition municipale de toutes les communes du SIERG, ainsi qu'au commissaire enquêteur

Voir les lettres type.

 

 

 

Juillet 2005 : la lettre du COllectif Eau de la Région Grenobloise (COERG) au président du SIERG

 

Grenoble, le 10 juillet 2005

Monsieur le président

Objet : Projet de doublement de la canalisation d'alimentation en eau potable du Grésivaudan

Monsieur le président,

Vous avez été amené à proposer un projet de doublement de la canalisation d'alimentation en eau potable du Grésivaudan pour répondre principalement à l'évolution des besoins des industries de la micro électronique.

Ce projet doit faire l'objet d'une 3è enquête publique en septembre prochain. Il s'inscrit dans un contexte où le plus important consommateur en eau potable de la vallée a annoncé récemment la suppression de 1 000 emplois en France, dont une centaine sur le seul site de Crolles. Il ne tient pas compte d'une perspective d'évolution vers un process moins consommateur d'eau, souhaitable en terme de développement durable.

Nous sommes favorables à ce que ces industries se développent dans la vallée du Grésivaudan. Cependant, et sans entrer dans le débat sur les prévisions de consommation en eau de ces dernières, nous nous posons des questions sur la présentation du projet soumis à enquête publique :

- si le raccordement de la canalisation supplémentaire au réseau du Syndicat des Eaux de la Région Grenobloise (Sierg) devait être retenu, la mise en place de surpresseurs dans sa partie amont serait nécessaire et viendrait renchérir le coût affiché du projet d'ores et déjà estimé à plus de 26 millions d'euros hors taxes. De plus, le projet ne serait pas sécurisé en raison des risques de Séchilienne et ceux du couloir de la chimie qui affectent les puits de captage et le réseau du Sierg.

- l'alternative consistant à raccorder la canalisation au réseau de la Régie des Eaux de Grenoble (Reg) n'est pas présentée ce qui ne permet pas d'évaluer le bilan coûts/avantages des deux hypothèses. Or, ce « raccordement Reg » permettrait, d'une part, d'éviter la mise en place de surpresseurs dans la partie amont, donc de réduire les coûts, et, d'autre part, de sécuriser tout le système d'adduction en eau potable du Grésivaudan, les puits de captage de la Reg n'étant soumis ni aux risques de Séchilienne, ni à ceux du couloir de la chimie. Ce maillage permettrait également au Sierg de ne pas envisager de mobiliser sa « ressource potentielle complémentaire de 1m3/s » sur le site de l'Eau d'Olle, alors que les captages de la Reg sont surabondants, évitant de ce fait un investissement supplémentaire de plus de 100 millions d'euros hors taxes.

Il est donc impératif que, dès à présent, le Sierg indique si l'hypothèse « raccordement Reg » n'est pas plus économique.

Si aucune étude n'a été menée concernant l'hypothèse « raccordement Reg », ce que nous regretterions, il devient urgent, face aux questions posées et aux oppositions, dont la nôtre, de renoncer, ou du moins de surseoir, à la création de cette canalisation.

Nous souhaitons vivement que les réflexions ci-dessus vous amènent à nous communiquer les compléments d'information nécessaires. Nous serons alors à votre disposition pour tout échange ou débat public, y compris contradictoire.

Nous vous prions de croire, Monsieur le président, en l'expression de notre ferme détermination.

Le COllectif Eau de la Région Grenobloise (signé par) :
- Le président d'Eau Secours,
- La président des Verts de Meylan,
- Le président de l'UFC Que Choisir Grenoble,
- Le président des Verts du Grésivaudan,
- Le président de Meydia,
- Le président de Bernin info,
- Le vice président de l'Action Municipale Ismerusienne

 

Copie :
- Mesdames et messieurs les membres du comité syndical du Sierg
- Monsieur le président du conseil général de l'Isère
- Mesdames et Messieurs les conseillers généraux de l'Isère
- Mesdames et Messieurs les maires des communes membres du Sierg
- Mesdames et Messieurs les maires des communes du pays du Grésivaudan
- Monsieur le président du Syndicat mixte du Schéma directeur de la région grenobloise
- Monsieur le président de la communauté de l'eau du Syndicat mixte du Schéma directeur de la région grenobloise
- Monsieur le président de la Reg
- Monsieur le président du syndicat des eaux de la Dhuy
- Monsieur le préfet de l'Isère
- Monsieur le directeur régional de l'environnement
- Monsieur le directeur départemental de l'équipement
- Monsieur le directeur départemental des affaires sanitaires et sociales
- Monsieur le directeur départemental de l'agriculture et de la forêt
- Monsieur le directeur de ST Microelectronics Crolles
- Monsieur le président du Syndicat des Industries de Tubes ELectroniques Et Semiconducteurs
- Agence de l'eau Rhône-Méditerranée

 

 

 

Juin 2005 : la lettre du Président du Comité des usagers des services publics de l'eau et de l'assainissement de Grenoble envoyée au commissaire enquêteur

 

Grenoble, le 3 juin 2005

Monsieur le commissaire enquêteur,

Président du comité des usagers des services publics de l'eau et de l'assainissement de Grenoble, je suis particulièrement attaché à l'information la plus complète des usagers. Une procédure d'enquête publique, pour recueillir des remarques de qualité sur le projet soumis doit permettre au préalable d'accéder à toutes les données d'un dossier.

C'est pourquoi je vous demande d'organiser un débat public réunissant l'ensemble de acteurs de l'eau de notre région. En effet, je relève, dans le dossier les manques et insuffisances suivants :

Le projet porte sur un montant de 20,4 millions d'euros HT hors travaux de restructuration de pompage et de stockage de Crolles (26,2 millions d'euros HT avec travaux ; pièce n°4 « Estimation des investissements du programme de travaux »).

Le dossier indique par ailleurs (pièce n°3 « Mémoire explicatif du projet » p14 « Les projets connexes » Point « Renforcement des capacités amont du réseau ») :

« Comme cela a été décrit précédemment, l'évolution attendue des consommations sur les communes de Crolles et Bernin va nécessiter à court terme un renforcement des capacités de transit du réseau dans sa partie amont (de Vizille à Gières).

A cette fin, une réflexion est en cours qui vise à étudier le principe d'une solution consistant à "accélérer" les écoulements dans la conduite principale par la mise en place d'un ou plusieurs surpresseurs.

Cette réflexion s'accompagne d'une démarche plus générale menée dans le cadre de la communauté de l'eau récemment mise en place et dont l'objet est entre autres de réfléchir aux différentes possibilités de sécurisation de l'alimentation en eau potable de l'agglomération. »

Je sais que le SIERG a commencé à faire étudier la faisabilité d'un projet dit « Eau d'Olle » qui consiste à capter de l'eau à Allemont et à l'acheminer, notamment par un tunnel de 7 km creusé sous Belledonne, jusqu'à Domène pour un montant estimé à ce jour à plus de 100 millions d'euros HT. pour sécuriser l'approvisionnement en eau potable des communes adhérentes et de Grenoble.

Ce point est d'autant plus important qu'une alternative sensiblement moins coûteuse consistant à alimenter la demande croissante du secteur du Grésivaudan par maillage des réseaux SIERG et Régie des Eaux de Grenoble (REG) semble possible. Et cette solution, en étant plus économe des deniers publics, serait plus conforme à l'intérêt général.

C'est pourquoi, je ne verrais que des avantages à ce que vous organisiez pendant l'enquête une réunion publique rassemblant l'ensemble des acteurs de l'eau de la région grenobloise qui permettrait aux usagers d'appréhender le projet en toute connaissance de cause.

Dans cette attente, je vous prie d'agréer, Monsieur le commissaire enquêteur, l'assurance de mes salutations respectueuses et distinguées.

Le Président du comité des usagers des services publics de l'eau et de l'assainissement de Grenoble

 

 

http://eausecours.free.fr   Version du 10 mars 2012